Candyman


Adaptation de la nouvelle "Lieux interdits" de clive Barker (5ième volume des "Livres du sang"), Candyman est un slasher qui a sut s'imposer comme un classique du genre, auprès des fameux La nuit des masques et Vendredi 13.

Helen et Bernadette préparent une thèse sur les légendes urbaines. Les légendes urbaines, se sont ces histoires, qui, comme les rumeurs se répandent par le bouche à oreille dans les villes, et qui sont plus ou moins inspirées de faits réels. Comme souvent dans le cas de ce qui concerne des faits retransmis à l'oral, la réalité a tendance à être déformée et, le mystère se retrouve amplifié par les anecdotes que chacun rajoutent. Certaines de ces légendes ont inspiré des films d'horreur. ( pour ceux que cela intéresse, les sites Urban legends et URLEN rescensent la plupart de ces légendes ).
Nos deux étudiantes s'intéressent plus particulièrement au cas de Candyman. Au début assez sceptique sur l'existence de ce tueur, elles décident de s'y consacrer entièrement lorsqu'elles apprennent par deux femmes de ménages de l'université que Candyman sévirait actuellement à Cabrini Green, un quartier "chaud" de Chicago. Elles décident de s'y rendre, et sur place, elles se retrouvent dans un univers totallement étranger au leurs. Entre les immeubles en ruine, les ordure et déchets, et les histoires sinistres que les habitants racontent, les deux jeunes femmes ne se sentent pas très à l'aise. Pourtant, Helen, plus courageuse que son amie, décide quand même de se rendre dans la pièce où a eut lieu le premier meurtre de Candyman.



Mais qui est ce fameux candyman ? La légende raconte que lorsque l'on prononce 5 fois son nom devant un miroir, il apparaît et tue la personne imprudente au moyen d'un crochet qu'il a la place de sa main droite. Mais d'où vient cette soif de sang, et de vengeance ? En fait, on raconte que Candyman était un jeune noir amoureux d'une blanche au 19 ième siècle. Cela ne passait pas, et des gens décidèrent de le punir en lui sciant la main droite. Ils ne s'arrêterent pas là, et décidèrent d'envoyer sur le corps ensanglanté du jeune homme des milions d'abeilles en furie ...



Ne croyant pas à toutes ces histoires, Helen décide de tenter le coup, et prononce 5 fois le nom interdits ! Elle venait alors de lier son destin à Candyman, unis dans ses crimes, unie dans l'amour qu'il éprouve pour elle ...

La jeune femme se voit alors accusée des meurtres les plus horribles que commet le tueur au crochet, et est bientôt internée comme folle meurtrière ...

Candyman est un slasher qui ne manque pas d'ambition. Ambition dans la qualité de la réalisation, ambition dans le choix d'acteur intéressé et intéressant, ambition dans la réalisation d'une bonne adaptation, ambition dans la maîtrise de l'angoise, et ambition dans la diffusion d'un film avec un sens et un message. Nombreux sont les films d'horreurs qui ne manquent pas d'ambitions initialement. Mais bien souvent celles-ci se révèlent être aussi solides qu'un flan au prunneaux ... Ce n'est pas le cas avec Candyman, qui ne se contente pas seulement d'avoir des ambitions, mais de les assurer. Choses assez rare pour être soulignée ...
La réalisation est parfaite et sucite une tension nerveuse à certains moment à la limite du supportable.
Tension dans l'horreur montrée ( le baiser avec les abeilles ), tension dans le sentiment de se trouver face à un monde apocalyptique ( paysage urbain comme sans vie à perte de vue ), et tension dans un dénouement que l'on attent en stressant.



La vision qu'apportent les nombreux plans de la ville ( pris en hauteurs parfois, comme dans le générique ) donnent le sentiment de survoler un cimetière, la ville semble morte. Il faut signaler que Cabrini Green, le quartier où sévit Candyman, existe réelement, et, à l'époque du tournage c'était l'un des endroits du monde ou il y avait le plus de meurtre par année ! Le film rejoint la réalité, et la ville devient légende. Bien sûr, il ne s'agit pas de montrer une banlieue dangereuse peuplée de voyous, mais au contraire de s'interroger sur les injustices et la ségrégation que peuvent subir les populations y vivant. En effet, Helen elle-même s'en rend compte : elle constate que la police n'était jamais intevenue malgrès tous les meurtres qui se sont déroulés dans le quartier, et qu' il a suffit qu'une blanche se prenne un coup dans l'oeil pour que les flics fassent une descente ! Si je précise, le fait que helen soit blanche, c'est pour montrer que le film dénonce aussi la ségrégation ( non-officielle ) dont a été et est encore victime, la poulation afro-américaine aux USA. Car, tout au long de l'histoire, le film révèle le système d'exclusion de ce que l'on peut appeler des ghettos ou s'entassent des populations délaissées de la socièté américaines ...
Ah, rêve américain quand tu nous tiens ! ( ironie )
Ce qui est aussi original dans Candyman, c'est l'histoire d'amour impossible et tragique entre Helen et Candyman. D'ailleurs Helen est sûrement la jeune femme que le Candyman mutilé et attaqué par les abeilles a aimé dans le passé. Sur ce point, cela peut paraître surprenant, mais ce film me rapelle le conte La Belle et la Bête, car l'amour entre ce tueur-monstre semble inconcevable, mais aussi le mythe de Roméo et Juliette, pour la fin tragique. Je vais peut être un peu loin là, je sais ...



Le tueur Candyman semble largement avoir inspiré ce lui de Souviens toi ... l'été dernier (ceux qui ont crée ce dernier film ont largement pompé pour le crochet !)



des ressemblances ?

A noter aussi la superbe séquence finale, avec les éclairages parfaits, qui alternent entre noirs et blancs sur le visages revenchard de Helen ...
Candyman donne aussi une version intéressante des légendes; l'immortalité viendrait de ceux que l'on a fait : on se souvient d'un nom pour le bien et le mal qui l'a fait. De ce fait, il devient éternel, et de vient légende au fil du temps ...
A si, un petit ruc qui ma fait chié pendant tout le long du film : le doublage de la voix de Candyman. personellement, je l'ai trouvé assez minable, voir risible ...

Candyman est un très bon slasher, assez inovateur. Car, tout en ayant sut garder les régles d'or du genre, ce film a sut transporter l'histoire dans un cadre assez différent des autres, tout en ayant au fond un message social et une vision sur les légendes.